Comment tester son odorat ? “Etre nez n’est pas inné”

A tous les anxieux de l’apprentissage olfactif, le CNRS propose une façon simple et économique de tester son odorat : FAITES UNE IRM !

ou comment faire une pierre deux coups : tester son sens de l’odorat ET rencontrer enfin Hugh Laurie…

Un article passionnant qui nous montre qu’il faut pratiquer pour avoir du nez ! Comme le répétait infatigablement Monique Schlienger : “Plus on sent, mieux on sent” (la version originale de “travailler plus pour sentir plus”…) Certes, certaines prédispositions physiques peuvent avantager, mais la répétition et le travail sont les meilleurs moyens d’exercer son olfaction, et sa mémoire…

Bon, en même temps, rien de nouveau sous le soleil, me direz-vous ! et si, si… Que nous montre cet article scientifique ?

1) bonne nouvelle : le parfumeur fait partie d’une population “rare”, et comme ce qui est rare est cher, oyez, oyez chers parfumeurs, à nos augmentations !

2) mauvaise nouvelle : “plus le niveau d’expertise (des parfumeurs) est grand, plus l’activité des régions olfactives et mnésiques diminue”… ben mince alors… plus on pratique, moins on cogite? La tendance à aller vers des formules de plus en plus courtes (eh eh, même parfois 6 matières nous nargue-t-on sympathiquement) viendrait de là ? ah mais quels paresseux ces grands parfumeurs ! ;-)

3) “Dans cette étude, les parfumeurs étaient capables d’imaginer les odeurs rapidement, voire instantanément, tandis que les étudiants présentaient certaines difficultés et devaient concentrer davantage leur attention.” … Euh… mais qu’apprennent au juste ces élèves dans cette école ???

En tout cas, voici de quoi reprendre en vitesse vos matières, fichiers excel, touches et échelles d’évaporation, apprentis parfumeurs… AU BOULOT !

Références :

Plailly J., Delon-Martin C., Royet J.P. (2011) Experience induces functional reorganisation in brain regions involved in odor imagery in perfumers. Human Brain Mapping, in press.

http://www2.cnrs.fr/presse/communique/2062.htm

Champaca blanc, Robertet (absolu)

Voilà une fleur que je ne classerais pas dans les gentilles, ah non, elle a tout d’une vilaine. En tout cas sa personnalité s’exprime avec différentes facettes de caractère : fleurie, un Ylang Ylang sensuel, un jasmin plus lourd, plus gras, et plus foin, ou même l’œillet (pour son côté eugénol), Le fond devient gourmand : amandes et fruits confits, pruneaux caramélisés. Enfin, la facette cuir arrive en finale pour accessoiriser d’une pointe de fumé. Vénéneuse lui irait bien comme adjectif, il y a de la violence dans cette odeur :  elle sent la fleur qu’on écrase. Et quelques heures après, elle s’adoucit pour donner une note thé aromatisé au jasmin…

Constituants  linalol, geraniol, méthyl eugénol

Son, Robertet (absolu)

Un bois au beurre, voilà l’impression que me donne cette délicieuse matière : le son. Un bois qu’on éplucherait, dont on sentirait bien les copeaux, les rainures, le côté sec, et qu’on enduirait de beurre pour le frire dans une poêle. Le son possède à la fois une note très sèche de paille, de foin mais avec une petite note sucrée, beurrée qu’on peut aussi trouver dans le mais qui lui confère des accents un peu gourmands… Ham ! Mais après quelques minutes, une légère odeur de tabac froid apparaît, histoire de se couper l’appétit…

Cyprès, Robertet (essence)

Le vernis à bois ! Je me revois avec mon père mettre les 4 sous-couches de D1 avant le vernis sur le pont de son bateau… Ah les bons vieux dimanches bricolage sur le port de Triel sur Seine (quel cauchemar) ! Cette odeur qui nous poursuit sur tout le bateau, dans la cabine, dans le carré, à travers les hublots, sur nos vêtements, les cheveux… Même les paquets de pâtes sentent le vernis à bois… et le pétrole (berk). Mais revenons au Cyprès qui lui sent aussi les aiguilles de sapin, une note très aromatique, camphrée, une odeur rassurante de bois coupé, le tronc d’un arbre de Noël. Rien que son nom et nous voilà transportés dans une villa en Toscane, c’est déjà pas mal pour une matière !…

Fragolane®, Symrise (molécule)

Je ne suis pas radine, mais il y a 2 choses dans la vie que j’économise de façon ridicule :

- les mouchoirs : étant allergique, ma consommation est énorme et j’ai la fâcheuse tendance à les faire sécher pour les réutiliser au lieu de les jeter, pour le plus grand bonheur de mon entourage.

- les chewing gums ! Petite, je pouvais pouvais tenir 3-4 jours en découpant une tablette. Et bien sûr, je les gardais en bouche toute une journée, en prenant bien soin de le mettre sur un côté de mon assiette à midi… Bref, quand je prends un malabar, je suis bien frustrée par la disparition rapide du goût. Avez-vous remarqué comme on s’énerve vite avec un malabar tout mâché ? Au bout d’une heure, ça fait mal à la mâchoire, tellement on l’a mastiqué dans tous les sens !

Si cette impression avait une odeur, ce serait le Fragolane® : une odeur de fraise/mentholée mais assez timide comme un chewing gum tout passé. Il y a quelquechose de vert aussi, comme une pomme grany smith. En fond, il devient presque aromatique comme une menthe citrata.

Un parfum de régression…

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